Chaos à Sénart. Episode 10

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Chaos à Sénart

Trou N°4

Episode 10

Au milieu, une femme était étendue sur le dos, à moitié dévêtue, jambes écartées, la droite à demi repliée. Trois détails m’ont frappé, sans rapport l’un avec l’autre. D’abord, la mince pilosité pubienne, tellement brune chez une femme si blonde… Puis les fourmis et les mouches qui se baladaient, et même un lézard qui courait sur le corps, semblant indiqué que la mort n’était pas toute récente. Enfin, pas très loin de la tête, une balle de golf, sans doute celle de Heike Blumentritt, que, dans son trouble, soit elle n’avait pas vue, soit elle n’avait pas eu le courage de ramasser. À quelques mètres, on avait jeté le pantalon Brax Marine et la culotte en dentelle noire souillée de terre. Les analyses diraient si la victime avait été violée. Mais on pouvait aussi avoir camouflé l’assassinat en crime sexuel.

J’ai demandé à Raphaël de ne pas s’approcher, pour ne pas effacer certaines traces peut-être précieuses. La cause de la mort était évidente : un coup qui avait défoncé la tempe gauche, probablement donné avec un club, certainement un fer. Un de ceux qui se trouvait sur la voiture de Kevin ?? Même collés par le sang, les adorables cheveux blonds gardaient leurs ondulations. Le doux visage, posé sur la joue droite, avait l’air paisible, malgré la blessure profonde. J’avais tendance à en conclure que la victime connaissait son meurtrier, mais j’avais aussi tendance à me méfier des conclusions rapides !

Qu’est-ce qui l’emportait en moi, de la curiosité professionnelle, de la tristesse ou peut-être du dépit ?

Autant me l’avouer, j’avais été très amoureux de Déborah. En tout cas, je l’avais désirée, plus d’une fois. Et j’avais cru percevoir qu’elle ne me trouvait pas tout à fait inintéressant. Il est vrai qu’elle s’intéressait  beaucoup aux hommes, à beaucoup d’hommes, en tout cas, et il m’arrivait secrètement d’être très jaloux lorsqu’elle s’adressait à quelqu’un d’autre que moi. Mais connement, m’avait interpellé ce qui avait retenu Raphaël d’approcher Juliette Campany. Nous connaissions tous deux ce médecin qui, ayant épousé une fille de 30 ans plus jeune que lui, s’était, pendant quelques années, littéralement essoufflé à courir derrière elle, et que maintenant elle poussait dans une chaise roulante. Ou plutôt qu’elle faisait pousser, car disposant de sa fortune elle l’avait mis dans les mains d’une gouvernante, ce qui lui permettait de fréquenter sans trêve et sans encombre les  clubs de golf, les stations de sports d’hiver et les plages à la mode, d’où l’on peut espérer qu’elle lui téléphonait au moins de temps en temps pour prendre de ses nouvelles. Maintenant que je ne pourrais plus jamais être l’amant de Déborah, je regrettais de ne pas avoir tenté plus franchement de l’être. Mais merde, qui pouvait bien avoir intérêt à la tuer? Qui avait eu le courage d’ôté du monde un tel modèle  de beauté, puisqu’un modèle de beauté est une joie pour tous et  pour toujours ? Car elle était belle, Déborah, d’une beauté triomphante, mais avec tant de grâce, tant de naturel que même les femmes ne tarissaient pas d’éloges sur elle. Il lui suffisait d’un sourire pour séduire. Ceux mêmes qu’elle écartait, n’arrivaient pas à lui en vouloir. Cependant, je savais bien que pour tuer , il n’est pas besoin de haine : la fureur d’un instant suffit, une folie subite, rien en fait, sinon ce brusque désir de supprimer un obstacle, comme on pousse vulgairement du pied, sur le fairway, un excrément d’oie Bernache qui gêne.

J’essayais de me persuader que cela ne me regardait pas ! J’avais juste en ce jour ensoleillé de premier printemps, décidé de faire un parcours avec mon ami Raphaël. Après notre partie, nous prendrions un verre, peut-être deux aux Terrasses, et peut-être que nous mangerions, poursuivant autour d’une bouteille de Pessac-Léognan 2010, nos discussions de toujours,  sur l’amour, sur la religion, sur l’art, sur la littérature, sur la vie. De plus j’étais ici dépourvu de droits malgré mon métier. Je n’avais été témoin de rien, je n’étais même pas celui qui avait découvert le cadavre. Le plus urgent étant donc de prévenir la police locale. On me poserait deux ou trois questions et on me ficherait la paix.

Mais non, la paix, je savais bien que je n’allais pas la retrouver si facilement. Les crimes, pour moi, c’était comme les problèmes de bridge : je ne pouvais pas en détacher mon esprit tant que je n’avais pas trouvé la solution. Souvent, pourtant, j’y étais bien forcé, parce qu’à la différence du bridge il manquait trop d’éléments. Mais je ne reconnaissais mon impuissance qu’après des semaines. Et l’affaire, même une fois abandonnée, me revenait souvent quelquefois des années plus tard, toujours comme un défi, parfois comme un remords .La tempe enfoncée de Déborah, je le sentais bien, allait m’habiter longtemps.

J’avais dû m’oublier dans mes réflexions, parce que j’ai entendu Raphaël dire tout à coup :

  • Bon, maintenant qu’est ce qu’on fait ?
  • D’abord, on s’en va d’ci.

Nous sommes ressortis du petit bois. Heike Blumentritt ne disait plus rien, mais elle avait toujours les mêmes mouvements convulsifs. Soudain elle nous a vus.

  • Alors ? A-t-elle demandé, alors ?
  • Vous aviez raison : madame Giaccobi est morte !!

Suite au prochain épisode…

Qui a tué Déborah Giaccobi ??

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Chaos à Sénart . Episode 9

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Chaos à Sénart

Trou N°4

Episode 9

C’est officiellement un trou considéré comme pas facile. Handicap 7.A gauche, une mare profonde où se craquellent dans la vase des dizaines de balles perdues, ou encore plus loin si l’on tape fort on se prend la descente vers l’eau du 3. A droite, dans la butte, au pied des troncs avant et après une autre butte, un terrain tourmenté plein de trous invisibles dans le rough qui avalent les balles comme les lézards gobent les mouches ! Et les gros « sliceurs » puissants, s’offrent même le luxe de retrouver leur balle sur la bretelle de sortie de l’A 104 !

Une seule consolation : si on drive assez loin et droit, on parvient en cas de terrain bien sec, à prendre la pente qui redescend vers le green.

C’est ce qu’a dû se dire Raphaël, qui a magnifiquement envoyé sa balle à plus de 180 m ! Mais cette fois je ne me suis pas laissé impressionner, et ma balle est allée se poser à quelques mètres de la sienne en plein milieu du fairway. Nous nous sommes mis en marche tranquillement, à coups de termes techniques, les raisons de notre réussite sur nos drives. Raphaël, dans cet exercice, est un virtuose. Depuis des années que je l’écoute, il m’arrive encore de m’y laisser prendre. Jusqu’a l’éclat de rire final, où il m’avoue qu’il ne croit pas un mot à ce qu’il m’a raconté, qu’il ne connait même pas exactement le sens de certaines expressions. Il fait parfois son numéro au clubhouse. Les novices l’écoutent avec admiration, les plus expérimentés par politesse, n’osent pas le contredire. Il en tire ensuite de brillantes variations sur la bêtise et la lâcheté de nos congénères. J’aime assez dans ces moments là lui servir de partenaire.

Nous étions arrivés près de nos balles et Raphaël allait frapper la sienne, quand nous avons vu Heike Blumentritt ressortir du bois à gauche du green en courant. Elle criait, agitait les bras, on aurait dit que Bernat et Yushiro essayaient de la calmer. Puis ils se sont tournés vers nous, et se sont mis à nous héler, avec de grands gestes. Abandonnant nos chariots nous avons couru vers eux.

Heike Blumentritt répétait : «je vous dis qu’elle est morte, je vous dis qu’elle est morte ». Elle s’étreignait les mains, se les passaient violemment sur le visage, serrait se coudes contres ses flancs comme quand on grelotte, elle bégayait, en pleine crise de nerfs. Bernat lui répétait : « calmez-vous ce n’est rien, calmez-vous ». Puis se tournant vers moi :

  • Nous vous avons appelé parce qu’il est évident que c’est vous que ça regarde. Vous avez plus d’expérience que nous de ces sortes d’affaires, je suppose.
  • Mais quoi ? Que se passe-t’il ?
  • Madame Déborah Giaccobi, vous la connaissez naturellement ? Elle est là dans le bois. Et Madame prétend qu’elle est morte !!

Un réflexe professionnel m’a fait regarder ma montre : 10 h 25.

  • Vous vous en êtes assurée Heike ?
  • Oh que non ! Je n’ai rien touché. C’est trop horrible. Mais elle est morte j’en suis sûre.

Yushiro nous regardait tour à tour, avec un visage tellement inexpressif que je me suis demandé s’il comprenait ce que nous disions.

  • Allons voir.
  • Moi je reste avec Madame Blumentritt. D’ailleurs vous n’avez pas besoin de nous.
  • Moi je viens a dit Raphaël.

Nous sommes entrés dans le bosquet, en pente, et encombré de buissons, d’arbustes et de ronces qui gênaient la vue autant que le passage. Mais un peu plus loin sur la hauteur et au centre il y avait comme un minuscule petit dégagement herbu.

Et au milieu….!?

Suite au prochain épisode !!!

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Chaos à Sénart. Episode 8

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Chaos à Sénart

Trou N°3

Episode 8

Ce ne serait pas encore pour cette fois ! La longueur était à peu près correcte mais j’ai dévié sur la gauche vers la butte au milieu des arbres ; après quelques rebonds capricieux, ma balle s’est arrêtée près du rocher. Je dévie souvent sur la gauche sur ce trou. Raphaël prétend qu’avec mes opinions politiques c’est étonnant. Lui, c’est plutôt vers la droite de la droite qu’il dévie. Dois-je en conclure quelque chose à propos du parti, auquel il appartient ? Comme Schnabel du reste,-qu’il n’aime pas beaucoup, même si il lui reconnaît l’honnêteté. Ennuyeuse et relative son honnêteté, ne manque-t-il jamais d’ajouter. Ennuyeuse parce qu’on a l’impression qu’elle est moins un choix qu’une routine. Relative parce qu’elle s’accommode très bien de toutes les dérives que la loi autorise. Les lois ne sont-elles pas faites pour être contournées ?

Sur ce départ du 3, Raphaël m’a presque agacé. Il n’en finissait pas de prendre des repères, plusieurs fois il a déplacé sa balle, jugeant qu’il avait trop enfoncé le tee ou pas assez, il a changé trois fois de club. Lui qui a souvent l’air de prendre les choses à la légère, quand il joue, il se laisse aller à des attitudes qui confine à la manie. Si on le lui fait remarquer, il se dépêche d’en rire ; mais avant, quel sérieux ! Le golf vaut la voiture : club ou volant en main, l’individu se dévoile. Moi, sur le parcours, c’est mon pessimisme qui éclate : avec cette balle vicieuse le pire est toujours sûr ! Ces comportements nous fournissent thèmes et discussions pour accompagner la bière de 50 cl que nous buvons après notre partie quand nous ne lui préférons pas un petit Chablis des familles…

Raphaël, donc, a pris tout son temps. Mais quand il a frappé, j’ai vu tout de suite la perfection du coup. La balle s’est élevée en une magnifique  courbe en draw, harmonieuse, est retombée à l’entrée du green, à rouler une dizaine de mètres… j’ai entendu le bruit qu’elle a fait en heurtant le mat du drapeau avant de tomber. Raphaël venait de réussir un « trou en 1 » ! J’ai crié « Oh la vache !! » puis « Bravo »- mais je crois bien que juste avant, j’ai eu le temps d’avoir un mouvement de jalousie ! Quand Raphaël, appuyé sur son club, fixant à 164 m le trou comme s’il craignait de voir sa balle en ressortir, il répétait mécaniquement : « C’est pas vrai, c’est pas vrai ! »

  • Ça va te coûter cher !

Après un tel exploit, l’usage est en effet d’offrir le champagne à tout le monde.

  • Pour un coup pareil je donne volontiers quelques euros. Pas toi ?

Si je ne connaissais pas Raphaël depuis tant d’années, j’aurais pu voir dans les derniers mots une moquerie, presque une provocation ! Mais non, il me prenait seulement un témoin de son bonheur, et je le comprenais, ce bonheur, puisque je l’avais éprouvé moi-même. Seulement, voilà, lui, justement, il avait un témoin. Son exploit serait enregistré, on n’en parlerait longtemps, peut-être même qu’un jour comme je l’avais vu ailleurs, une plaque gravée : « Raphaël Gaulier–numéro 3 –21 mars 2019 » décorerait le salon du clubhouse.

C’est discutant  de ces perspectives exaltantes que nous avons marché vers la butte de gauche où je m’étais égaré. Il m’a fallu trois coups pour sortir de cette galère. Le premier de derrière le rocher a envoyé la balle sur la pente sous un arbre. Le second, gratté, est gentiment redescendu dans le petit rough. Le troisième trop fort la expédié de l’autre côté du green et j’ai eu, très irrité (euphémisme) de nouveau beaucoup de peine à la ramener. Au septième coup seulement elle a rejoint celle de Robert au fond du trou. Quadruple bogey !!La honte !

  • Dis la vérité, je t’ai démoralisé!
  • Certainement…

Je ne plaisantais pas. Trop de réussite chez mes partenaires ne me poussait pas, comme d’autres, à me surpasser. Au contraire, et mieux ils jouaient, plus je jouais mal. C’est pourquoi j’avais toujours préféré les jeux solitaires, réussite, mots croisés, à la rigueur problème d’échecs parce qu’alors je ne jouais  que contre moi-même ; et contre moi, j’avais toutes les audaces toutes les énergies. Comme dans mon métier : mes enquêtes, bien qu’engageant beaucoup de collaborations, c’était en fin de compte moi seul qu’i les menais. Échouer contre soit portait un coup, sans doute, à l’intelligence, mais laissait tranquille l’amour propre… Dans ce refus de me mesurer directement aux autres, une seule exception : le bridge. Parce qu’en cas de défaite je pouvais toujours mettre la faute sur le dos de mon partenaire? Pas du tout. Au bridge je ne me soucie ni de défaite ni de victoire, mais seulement de réfléchir, de combiner mes coups, de percer à jour les astuces de mes adversaires. Comme dans mes enquêtes, en fait…

Sur le chemin vers le 4, son chariot assez lourd avait tendance à entraîner Raphaël. Cela rendait la conversation difficile, mais n’empêchait pourtant pas Raphaël de commenter son coup, de m’expliquer comment il l’avait préparé, et qu’il l’avait senti, et que de loin il avait, du regard, magnétiser sa balle… Puis il éclatait de rire :

  • C’est le Dieu « Coud’bol » qui devrait payer le champagne !

Enfin calmé, Raphaël m’a demandé :

  • Crois-tu que l’affaire soir tout à fait réglée ?
  • Pour l’essentiel, sûrement. Mais il y aura encore des remous.
  • Qu’est-ce que Pilastre peut bien faire ?
  • Il ne manque pas d’appuis, copains et coquins…Je ne voudrais pas être à la place de Schnabel : il va lui rendre la vie difficile, crois-moi.
  • Tant mieux ! Et puis j’avoue que je trouve ces petites intrigues assez divertissantes.
  • Moi aussi pour autant que notre AS n’en souffre pas.

Nous étions arrivés au départ du 4. Mais le trio qui nous précédait, ayant de nouveau égaré ses balles, n’était encore qu’au niveau des rouges, en contrebas, au bord de l’eau. Il fallait attendre.

  • Tu crains vraiment des conséquences ?
  • Pourquoi pas ? Je connais mal Pilastre, mais derrière son aménité de surface, je suspecte des passions assez rudes. Tu as remarqué son incroyable mémoire ? Dans son cas, mémoire égale aussi rancune …J’en suis convaincu.
  • Bon il va s’en prendre à Schnabel. Pour moi que ce soit le requin bleu ou le requin à pointes noires qui gagne, je m’en fous un peu.
  • OK. Mais si pour avoir la peau de Schnabel, il faut tout faire péter ?
  • Affaire à suivre…

Le trio avait eu le temps de marcher et était en fin parvenu jusqu’au green puisqu’on pouvait apercevoir Heike Blumentritt qui avait dû envoyer sa balle trop loin .Elle s’enfonçait en haut du petit bosquet à gauche. On pouvait également apercevoir Bernat et Yushiro qui couraient d’un côté à l’autre du bois.

 

Suite au prochain épisode.

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Chaos à Sénart . Episode 7

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Chaos à Sénart

Trou N°3

Episode 7

Les trois joueurs qui nous précèdent ont dû réussir leur affaire, ou se sont moins attardés que nous à bavarder, ou se sont hâtés pour remettre entre eux et nous une distance convenable, ou et c’est plus que probable , ils en ont eu assez de mettre leur stock de balles dans l’eau(!) : nous les avons perdus de vue. Ils doivent être sur le chemin du 4. Heike Blumentritt d’origine teutonne, Juan Bernat, d’origine ibérique, et le Japonais FuhitoYushiro.

Je ne connais pas, dans notre club, de femme plus désagréable qu’Heike Blumentritt sur le parcours. Au club house, elle peut être souriante, enjouée. Plaisante sans être jolie, intelligente, on bavarde volontiers avec elle. Mais dès qu’elle a un club dans les mains, elle devient capricieuse, pédante, autoritaire. Défense de parler dans un rayon de cinquante mètres et dans un délai de trois minutes avant qu’elle ne frappe enfin sa balle. Quand elle rate son coup, ce qui lui arrive souvent, elle en accuse plus ou moins directement ses partenaires. Ou bien elle se lance dans des explications filandreuses, qui vont du soleil qu’elle avait dans les yeux à l’humidité de l’herbe, à moins que le vent ne lui ait chassé une mèche de cheveux devant l’œil gauche. Au contraire, si elle réussit, elle explique avec complaisance le génie dont elle a fait preuve, ne s’étant laissé dérouter ni par la pente trop rapide, ni par les oies  bernaches (nombreuses sur les Cygnes) qui ont traversé son champ visuel…Je n’ai joué avec elle que deux fois. Les deux fois me sont venues des idées homicides : un coup de club bien asséné, par pitié, pour la réduire au silence ! (je rigole… !).

Bernat au contraire est l’homme le plus accommodant du monde, d’une courtoisie irréprochable. Sa conversation n’est pas des plus intéressantes : il a tellement peur de déplaire qu’il évite tous les sujets un peu délicats, et si on l’y entraîne malgré lui, dispose d’innombrables formules pour ne pas se compromettre. Comment, dans son travail de fonctionnaire international, fait-il donc avancer les affaires ? A moins qu’il soit chargé, justement, de ne pas les faire avancer (ce qui ne serait pas une surprise…).Bernat  me pose un autre problème : mais où, quand on joue si mal, trouve-t-on la force  de persévérer si longtemps ? Voilà trente ans qu’il s’obstine sans parvenir à se défaire de ses défauts. Ou si par hasard il se corrige d’une erreur, c’est pour la remplacer aussitôt par une autre. Il n’a jamais obtenu d’index autre que celui de départ (36 avant et 54 maintenant) et n’en obtiendra sans doute jamais d’autre. Qu’importe, il ne perd rien de sa sérénité, ne se cherche jamais aucune excuse, dit que le jeu le détend, que tout son plaisir est de se promener en si agréable compagnie. On est presque heureux de l’attendre ou de l’aider à retrouver sa balle tant il montre d’affabilité.

De Fuhito Yushiro, rien à dire parce qu’il ne dit rien. On a dû l’inventer pour matérialiser le cliché de l’impénétrabilité orientale. Bon c’est vrai qu’il est mal servi par son français moins que rudimentaire. Tout de même ! Il n’a qu’un souci : progresser. Et il progresse, à une vitesse incroyable. C’est qu’il y met un acharnement le bougre ! Un jour que nous jouions ensemble, Arnold lui a enseigné un truc. Tout le reste du parcours, il n’a plus cessé, entre ses coups de répéter ce qu’il venait d’apprendre. A l’arrivée, il maîtrisait sa nouvelle acquisition ! Ce jour là, j’ai cru mieux comprendre les performances de l’industrie japonaise !

Nous remontions vers le départ des jaunes et Raphaël s’affairait autour de son chariot, soudain tombé en panne. Je nous voyais déjà obligés d’interrompre notre partie, quand il s’est relevé :

  • Ce n’était qu’un mauvais contact. il faudra que j’en parle au magasin de Corbeil qui me l’a vendu ou à Kevin, il est très bricoleur.

Nous nous sommes remis en marche.

  • Tu y crois, toi, à toutes ces malversations ?
  • Pourquoi pas ? mais elles seront difficiles à prouver.

On accusait Pilastre, non pas d’avoir puisé dans la caisse, non, il était trop, avisé pour cela, mais d’avoir au moyen de fausses factures, de transferts complexes d’argent et de terre, d’adroits jeux d’écriture, détourné vers sa poche des fonds d’une importance certaine.

  • Mais comment en connaître le montant ?
  • C’est aussi le roi du pot-de-vin. Et tu sais comme moi qu’une fois le contenu avalé, on ne retrouve que rarement le récipient.

Nous étions sur l’aire de départ du 3.

  • Encore une question avant de réaliser le coup de ma vie et de te faire rêver(!) : croix-tu que ceux qui lui succèdent veulent seulement empocher les bénéfices à sa place ?
  • Schnabel sans doute pas. Quand à ceux qui l’entourent … Tu devrais le savoir mieux que moi. Tu es dans la place depuis plus longtemps, tu connais du monde…
  • C’est vrai .Mais comme dans toutes les entreprises, associations ou collectivités, tout le monde ne parle pas ! Ceux qui savent ne disent pas tout ce qu’ils savent. Et puis il ya tous ceux qui ne savent rien, ou pas grand- chose, et qui inventent…

J’étais à l’adresse,« Le coup de ma vie »avait dit Raphaël. J’y pensais aussi. Le trou N°3 était un des plus durs. Chaque fois qu’on y arrivait, on ne voyait que l’eau devant mais on se mettait à rêver du fameux « trou en 1 ». Je l’avais d’ailleurs réussi l’année précédente, un jour de septembre où je jouais seul, le lendemain d’une compétition qui proposait le gain d’une voiture en cas de trou en 1 sur ce trou ! Pas de bol ! Comme je suis modeste – Parfaitement !- je n’en avais parlé à personne, même pas à Raphaël. Et puis, a beau mentir qui joue tout seul ! Pourtant, on savait bien qu’à ce jeu, le hasard fait parfois des tours de magie. Comme, par exemple  ce jour où ma balle comme un  galet lancé par un enfant avait ricoché sur les eaux de la mare et s’était arrêtée à 10 cm du trou ! Mais ce jour là j’avais un témoin. Mes réussites ces jours là resteraient-elles sans suite dans ma carrière de golfeur ?

C’est en pensant à tout cela que ma main tremblait un peu en enfonçant mon tee surmonté de sa balle…

Suite au prochain épisode…

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Chaos à Sénart : Episode 6

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Chaos à Sénart

Trou N°2

Episode 6

La dernière saison s’était terminée par une tempête : le directeur avait été congédié, et le président, remplacé.

Je n’avais pas eu le temps de m’informer convenablement : le club fermait une semaine plus tard. Evidemment dans la vacance qui suit ce type d’événements, la plupart des membres se dispersent. Ils vont jouer à Villeray, à Saint- Germain, à Etiolles, à Cély et même à Courson. J’avais dû, comme tout le monde, attendre la reprise pour en savoir plus. Certains éléments, cependant, étaient connus depuis longtemps. D’abord, Schnabel voulait la place. Il ne pouvait  apercevoir à sa portée un poste de « premier » sans désirer l’occuper. Il lui fallait diriger, que ce fut une société, un régiment, sa famille, un club. Oh ! Courtoisement, avec le sourire, mais un sourire qui découvrait des dents de carnassier. Certes, il était vice-président, appelé souvent à fonctionner comme président par intérim, mais « vice » et « intérim » étaient des termes qu’il estimait réservés pour les autres.

« Moi qui ai toujours voulu  être un homme sans vices » avait-il commenté, le jour de son élection. Le mot avait été colporté comme un trait d’esprit très piquant. Moi, j’aimais l’imiter avec l’accent suisse-autrichien ; car il prononçait « fices »-et comme il avait quatre filles… !

Puis il y avait les rivalités départementales,-faut-il dire ethnique ? Le golf était situé en territoire essonnien, mais la plupart des membres étaient parisiens, et les capitaux aussi. Très vite, des clans s’étaient formés qui sans aller jusqu’à la guerre, multipliaient  les escarmouches. N’y était pas étranger l’obscure complexe d’infériorité des « campagnards », renforcée par le complexe de supériorité des « parisiens ». Ouvertement, on ne voyait rien de cette rivalité. Chacune et chacun  jouaient  avec toutes et  tous, appliquant avec presque de l’ostentation les règles les plus intimes de l’étiquette. La table d’hôte réunissait les uns et les autres pour des repas qui pouvaient être très cordiaux. Mais en privé… Incarnant jusqu’à la caricature les qualités et les défauts de sa ville d’adoption, Schnabel s’était vite imposé comme le chef du parti parisien. Pilastre-Jubainville avait pris, ou plutôt toujours occupé, la tête du parti essonnien, d’autant plus soudé qu’il se sentait minorisé dans son propre coin. Ces rivalités me fascinaient : dérisoire tant qu’on voudra, elles me représentaient en grotesque ce que la Serbie et la Croatie, la Grèce et la Turquie, la Russie et l’Ukraine nous offraient au tragique. Là au milieu, les membres Seine et Marnais, Val de Marnais, Alto-séquanais et autres Yvelinois tentaient de sauvegarder leur neutralité quand ils ne prenaient pas parti selon leurs amitiés, leurs préjugés, ou leurs intérêts les plus immédiats. Ces luttes expliquaient à elle seules que Schnabel, au comité directeur, soit parvenu à trouver assez de voix pour déboulonner Pilastre.

Un point cependant demeurait obscur : pourquoi le directeur avait-il été remercié ? Bien sûr, c’était un ami de Pilastre et lui devait sa place. Pourtant on avait parlé de désaccord : il aurait parfois revendiqué son autonomie…

  • L’autonomie de Berton ? Laisse-moi rire ! Il n’a jamais fait la moitié d’un pas sans l’autorisation de Pilastre. Je me demande même si ce n’est pas pour ça qu’il s’en va.
  • Au moment où le départ de Pilastre allait lui rendre sa liberté ?
  • Vraiment ? Tu crois Schnabel plus commode ?

Nous nous dirigions vers le green, lentement parce que nous voulions en finir avec cette conversation. Parler en jouant est un des plus sûrs moyens de rater son coup.

Juste au bord du green, Raphaël s’est arrêté, balançant inconsciemment son putter comme un pendule.

  • Selon moi, ils sont encore plus liés qu’il n’y paraît. Pour tout dire, je les crois complices. Les affaires dont on parle ils y ont participé tous les deux.
  • C’est vrai, mais plus d’une fois Berton a pris ses distances
  • Pour mieux donner le change ! Ils se seraient réparti les rôles que ça ne m’étonnerait pas. Pilastre c’était celui qui voit large, et puis aussi le fonceur ; Berton, c’était le prudent, le scrupuleux .Avec ça ils étaient sûrs de faire passer leurs plans à tous les coups.
  • Un Machiavel à deux têtes ? Pourquoi pas ?

Nous étions l’un et l’autre à la même distance du trou (cinq mètres à peu près). J’ai ôté le drapeau, même si le nouveau règlement ne nous y oblige pas, mais nous faisons partie de ces joueurs qui continuent de jouer à « l’ancienne ». Je l’ai posé, comme il se doit,  délicatement par terre, à bonne distance et j’ai fait signe à Raphaël de jouer. Nous avons l’un et l’autre réussi notre coup.

  • Brillants que nous sommes ! On va finir par gagner notre place en équipe 1 seniors ou pouvoir intégrer l’équipe de la Francilienne ! J’en parlerai à Peter Franz et à Doric Haval.
  • Attendons la suite, on arrive au 3, ça va se gâter !! En fait, attendons comme on attendra les réactions de Pilastre. Car il reste tout de même au Comité directeur, le mec. On a touché à son porte-monnaie, et comme il n’y a que le fric qui l’intéresse !

Nous nous sommes mis en route pour gagner le départ du 3. Au moment ou nous arrivions en haut de la petite butte, une voiturette électrique est arrivée, conduite par Kevin le chef  jardinier. Il nous a demandé comment ça marchait. Encore soulevés par nos deux putts à cinq mètres, nous avons répondu avec entrain, en exagérant un peu sur nos performances du jour, et en vantant la qualité du parcours. Il nous a fait un grand sourire et un clin d’œil complices. Sur le siège, à côté de lui, il y avait trois clubs dépareillés. Des fers. A tout hasard il nous a demandé si l’un d’eux nous appartenait…

 

Suite au prochain épisode ….

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Le mot du Président

photo président

Le mot du Président

En Avril ne te découvre pas le visage et les mains d’un fil…

Je ne me suis pas trop sollicité les méninges (déjà bien encombrées) pour trouver ce titre…!

On dirait presque que l’auteur de ce vieux dicton avait prévu son coup, à ceci près les masques FFP2 et les gants en latex ou en vinyle  (non poudrés.. of course !) n’existaient pas encore…

Nous avons donc tous pris connaissance des multiples déclarations du chef de l’Etat, de son Premier Ministre, des ministres (un peu sinistres les pauvres…) et des différents arrêtés, portant diverses mesures relatives à la lutte contre la propagation du virus Covid-19.

En application de ces arrêtés, il est donc  obligatoire pour tous les clubs de fermer leurs restaurants, leurs vestiaires, leur club-house (snif ! ma bière), pro-shops ainsi que tous les espaces ouverts au public. Même si les textes et directives des pouvoirs publics publiés récemment soulèvent, par ailleurs, certaines ambiguïtés au niveau de leur champ d’application, s’agissant des parcours de golf, la sagesse, la responsabilité et la solidarité ont invité les responsables de notre structure à fermer le club, dans leur totalité – c’est-à-dire y compris l’accès au terrain – jusqu’à nouvel ordre….

Ceci est une bonne décision et j’en profite pour féliciter chaleureusement Damien Rosello notre directeur et son équipe pour le formidable travail qu’ils sont en train de réaliser sur les Cygnes.

Je veux également saluer le retour de nos malheureux  « marocains » retenus de force et dans les terribles geôles maghrébines !!

Alors couverts ou pas couverts nous voilà toutes et tous confinés. Et passé l’engouement que suscitent les installations d’un tapis de green dans le salon et d’une zone d’approches dans le jardin, nous nous sommes trouvés bien dépourvus surtout quand  en plus la bise fut venue.

Mais la haute stabilité émotionnelle (prouvée et éprouvée sur les greens lorsqu’il faut rentrer le put décisif à 1 m50) dont font toujours preuves les membres de l’AS Sénart tout au long de l’année, n’a pas laissé le confinement créer le vide dans nos vies malgré l’évident bouleversement de nos vies structurées.

Nos rédactrices et les rédacteurs qui sévissent en abordant des sujets divers et variés (… !) sur les groupes Whatsapp constitués, prouvent que nos  adhérents ne manquent pas d’imagination pour occuper ce temps qui passe et surtout : ils  communiquent !!

C’est une certitude, ce mois d’Avril 2020 va rester gravé dans nos mémoires de citoyens (nes) du monde.

Il n’aura pas manqué de « charger notre chariot » de nos interrogations et de nos inquiétudes qui auront trop pesé sur notre moral. Mais il doit être marqué aussi par la vie qui continue et qui chez nous, parvient à rassembler les énergies pour animer le quotidien et préparer les doux moments de rassemblements golfiques et de festivités qui nous attendent.

J’attends avec beaucoup d’impatience ces instants qui viendront réchauffer nos cœurs et faire vibrer le bonheur au sein de notre association et les joies de l’amitié.

Permettez-moi  pendant cette période très compliquée, d’avoir bien plus qu’une pensée pour toutes ces personnes affaiblies par la maladie et la solitude ainsi que pour tous ceux qui les accompagnent au quotidien.

A très bientôt sur notre beau parcours rénové !

Bien à vous toutes et tous

Gilles

 

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Chaos à Sénart Trou N° 2 Episode 5

Capture

Chaos à Sénart

Trou N°2

Episode 5

 

Noble, sa femme, certainement, mais insignifiante, ne répondant pas du tout à ce que son prénom royal, Clotilde, et son nom poétique, de Jubainville, faisaient attendre. Elle semblait avoir été mise au monde pour donner son approbation à tout ce que disait son mari. C’est sans doute de la même façon qu’elle avait dit oui quand il l’avait demandée en mariage. Je n’arrivais pas à imaginer qu’il y ait jamais eu entre eux de l’amour. Mais allez savoir ! Elle sortait d’une famille de la noblesse provinciale, ou l’on avait plus d’enfants que de richesse. Lui était fils d’un petit marchand de bois. De là à se prendre pour  Julien Sorel dans le Rouge et le Noir, – mais il n’en avait surement jamais entendu parler. Quelles études avait –il faites ? Il laissait traîner sur ses débuts un voile que personne n’avait les moyens ni l’impolitesse de soulever. Très tôt il s’était lancé dans les affaires, aidant d’abord son père avec des visées plus ambitieuses. Peu à peu il avait touché à tout : spéculations immobilières, rachat et revente de petites industries, opérations sur les changes, trafics en tous genres. On lui prêtait encore d’autres activités, douteuses sinon malhonnêtes. Certains lui appliquaient même la fameuse devinette :«Connaissez-vous la différence entre Pilastre et un escroc ? L’escroc s’est fait prendre ». Je n’en croyais rien, et sans miser un euro sur son honnêteté, je le pensais assez  habile pour circuler toujours au bord du gouffre sans jamais y tomber. Quand il s’était marié, ses comptes en banque contenaient largement de quoi redorer le blason des Jubainville. Il l’avait redoré, rachetant après le décès du patriarche, le château ancestral, dont il avait fait sa résidence, somptueuse et courue de tout ce que les environs comptaient de personnes influentes. Car le nom de Jubainville qu’il s’était empressé de rajouter au sien sur ses cartes de visite, lui servait à la fois d’amulette et de laissez-passer. Il ne perdait jamais une occasion de rappeler les grandes alliances de son épouse, sans préciser, bien sûr, que la situation médiocre des Jubainville les avait depuis longtemps éloignés. Il s’était fait spécialiste en généalogie pour informer les amis que Clotilde était ceci par sa mère, une cela par sa grand-mère, que son oncle avait épousé une de ceci, tandis que sa tante était mariée à un Von cela. C’était plus fort que moi, je n’arrivais à voir dans cette quête éperdue de respectabilité aristocratique que le désir de servir ses intérêts les plus matériels. Un nom à particules fait tomber bien des obstacles. Je me rappelais Paris tout de suite après mes études. Ma logeuse m’avait très fermement prévenu qu’il n’était pas question d’amener dans ma chambre « des femmes ».Puis j’avais fait la connaissance de Mathilde, et dans l’impossibilité de coucher  avec elle en plein air- c’était l’hiver !-je l’avais invité chez moi.

Quand ma logeuse avait appris qu’elle était baronne et portait un nom connu de la noblesse Alto-séquanaise, elle n’avait plus soulevé aucune objection.

Ainsi, Pilastre-Jubainville était-il entré successivement au Rotary, au Lion’s club et dans je ne sais combien d’autres associations qui étendaient à l’infini le cercle de ses relations financières autant que sociales. Puis il avait eu l’idée de sa vie : la création de ce golf, sur des terrains pour partie hérités de son père. Le reste, anciennes terres agricoles essonniennes, dans un coin ou la « paysannerie » avait quasi-totalement disparu, il l’avait avec ses acolytes, obtenu pour moins qu’un bouchée de pain. C’était le temps du boom économique : pour les produits de prestige, il y avait toujours preneur à n’importe quel prix. L’opération terminée, on avait parlé pour les premiers investisseurs, de bénéfices allant jusqu’à quatre cent pour cent. Pilastre avait échangé sa grosse BMW contre une Maserati encore plus puissante. Puis, tout naturellement et bien que jouent comme une « pince », il était devenu président du club. Le directeur qu’il avait choisi n’avait pu, sous peine de perdre sa place, lui refuser un index à 17.9.

  • Eh, Gilou à quoi penses-tu ?

C’était à moi de jouer, mais je n’en faisais rien, tout occupé de Pilastre-Jubainville. Je n’avais même pas remarqué qu’en un coup de fer 9 parfait Raphaël avait amené sa balle à à peine 5 m du trou . L’amour-propre me piquait, mais aussi une fureur abstraite et ridicule  contre Pilastre et ses pareils ; les deux sentiments me donnaient l’envie de me surpasser ! J’hésitai d’abord sur le choix du club. Puis je mesurai longuement la distance à la jumelle avec une précision de géomètre, fis plusieurs coups d’essai au pitch. Enfin je frappai ma balle. Elle s’arrêta à la même distance du trou que celle de Raphaël, mais devant le drapeau pour un putt de retour en montée !!

  • Bravo !
  • Ne me félicite pas. C’est à Pilastre que je le dois.

Je lui expliquai ce qui venait de se passer en moi. Il ne s’en étonna pas, sachant d’expérience que les méandres psychologiques du golfeur sont imprévisibles.

  • Est-ce que tu sais au juste pourquoi Pilastre a été débarqué ?
  • Pas vraiment !
  • Je te raconte, ce n’est pas triste !

Suite au prochain épisode

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COMMUNICATION RELATIVE AU COVID-19

Mesdames, Messieurs,

La situation exceptionnelle créée par l’épidémie de COVID-19, a appelé  la Fédération française de Golf et notre partenaire principal UGolf  à prendre un certain nombre de mesures relatives à l’organisation des compétitions et des regroupements devant avoir lieu sur notre sol au cours des prochaines semaines.
Ces mesures entrées en vigueur dès le 13 mars et qui portaient, dans un premier temps jusqu’au 31 mai 2020, vont sans doute encore évoluer.
L’évolution s’appliquera toujours  aux compétitions fédérales dans leur ensemble mais impacteront j’en suis convaincu, la pratique loisir ou compétitive en club.
Elles s’appliqueront sur l’ensemble du territoire français.
La FFGolf a déjà procédé au report sine die, et jusqu’à nouvel ordre, des épreuves suivantes :

  1. Celles, à l’occasion desquelles sont délivrés des titres de champions de France, champion régional ou départemental.
  2. Les épreuves fédérales individuelles et collectives du golf d’entreprise.
  3. Les compétitions interclubs organisées directement par la FFGolf, ses ligues et ses comités départementaux.
  4. Les compétitions individuelles organisées directement par la FFGolf, ses ligues et ses comités départementaux.
  5. Les Grands-Prix Jeunes Majeurs et les Grands-Prix Jeunes.
  6. Les épreuves internationales individuelles ou par équipes.

S’agissant des rassemblements, regroupements ou entraînements collectifs fédéraux :
Ce type de rassemblement est suspendu jusqu’à nouvel ordre.
S’agissant des épreuves telles que les Grands-Prix Seniors, les Trophées Seniors, les Classic Mid-amateurs, les Grands-Prix :
Il n’appartient pas à la FFGolf de s’immiscer dans la vie des clubs…
Cependant, dans la droite ligne des propos tenus par le Chef de l’Etat lors de son allocution télévisée du 12 mars, ainsi que dans un esprit de solidarité autant que de responsabilité, je prends la décision de reporter la tenue de ces épreuves si tant est qu’elles concernent qu’elles nous concerneraient nos membre ou notre parcours à Sénart.
S’agissant des épreuves organisées par nous :
De même que précisé à l’alinéa précédent, il n’appartient pas à la FFGolf de s’immiscer dans la vie de notre association. Cela ne doit pas nous empêcher à ce stade et à notre niveau, d’être raisonnés et rigoureux  dans nos décisions.
En effet, l’organisation des compétitions de l’AS – dans leur format, leur nombre de compétiteurs, ou leur fréquence – diffère grandement d’un WE  à l’autre.
Certaines réunissent moins de 10 compétiteurs et ne donne pas lieu à une remise des prix. C’est notamment le cas des compétitions de classement ou d’épreuves ponctuelles très spécifiques ouvertes à un public restreint. D’autres attirent – c’était par exemple le cas de samedi 14 mars pour la Saint Patrick-de nombreux compétiteurs et sont suivies de festivités réunissant parfois plusieurs dizaines de personnes.

Il est de notre devoir de faire preuve de la plus grande vigilance et de responsabilité dans le contexte sanitaire qui est le nôtre.
Je prends donc la décision de suspendre ou de reporter les compétions prévues au calendrier, et ce, jusqu’à une évolution positive souhaitable qui nous sera signifiée par les pouvoirs publics.

Je ne manquerai pas de vous tenir au courant de l’évolution de la situation.

En attendant soyez prudent dans vos sorties  et je vous recommande de préparer la suite de la saison en insistant sur une préparation physique individuelle toujours bénéfique et…sur le putting dans le salon!!

Bises à toutes et à tous

Bien à vous

Gilles Alapetite

Président de l’AS

 

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Annulation de la Coupe Saint Patrick du 14 mars

Annulation de la Coupe Saint Patrick du 14 mars

Bonjour à toutes et à tous,

J’ai donc décidé, à mon grand regret, d’annuler ce moment convivial et festif pour 2 raisons majeures:

  1. il me semble qu’il est de notre responsabilité à tous de suivre les recommandations du Président de la République et du Ministère de la Santé.
  2. ce sera l’occasion de laisser reposer encore notre beau parcours bien fragilisé ces derniers temps.

Bien à vous

Gilles Alapetite

Président de l’AS

Annulation Coupe Saint Patrick 14 mars

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Scramble de la Saint Patrick samedi 14 mars ! Nous vous attendons!

Inscrivez-vous au Scramble de la Saint Patrick… 

Départs à partir de 9 h 00 : Samedi 14 mars

Les récompenses sont arrivées … elles vous attendent!

rec sp

 

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